A collective reflection from feminist movements across regions
To the future we are building,
There are moments when the world feels as though it is closing in. When the work becomes heavier, when language must be chosen carefully, and when even the act of showing up carries weight.
We know this moment well.
And still, we are here.
We are here because we have learned that movements are not only built in resistance. They are built in care, in collectivity, in the quiet ways we show up for one another. They are built in the sharing of knowledge, in accompaniment, and in the belief that even in the most constrained conditions, another future is possible.
So today, we choose to imagine.
We imagine a world where reproductive freedom is a reality for everyone, not just a choice for some.
A world where dignity, autonomy, and justice define reproductive healthcare, and no life is lost or limited because safe abortion was out of reach.
We imagine a future where abortion is understood as routine healthcare, and where it belongs in the hands of the people who need it.
A future where access is not determined by geography, law, or permission, but where choice is met with care, and access follows without barriers.
We imagine a world where abortion is no longer stigmatized, medicalized or criminalized.
We imagine a world where abortion is seen and spoken of as care, as kindness, beyond stigma and fear.
A world where it is recognised not as a crime, but as a choice.
We imagine a world where self-managed abortion is considered as a safe and effective procedure to end an unwanted pregnancy outside of the clinical setting.
We imagine a future where bodily autonomy is no longer debated, but universally respected.
Where people are free from fear, from judgement, and from being defined by their reproductive lives.
Where we are more than our bodies, and yet fully sovereign over them.
We imagine a world where reproductive justice is equitable and accessible to all women and girls, in both urban and rural contexts.
Where knowledge travels, where misoprostol saves lives, where young people and communities are supported with the information and care they need to make decisions safely.
We imagine a future where people with disabilities have full control over their bodies and choices, where access to self-managed abortion is inclusive, safe, and shaped by their realities.
We imagine a world where care crosses borders.
Where communities define what justice looks like.
Where support exists for those who choose to parent and those who choose abortion.
And beyond all of this, we imagine more than survival.
We imagine joy.
We imagine abundance.
We imagine time to rest, to create, to listen to one another.
We imagine a world where mourning is shared, where celebration is collective, where we are held by each other.
To the future of reproductive justice, we promise this:
We will continue to protect care.
We will continue to share knowledge.
We will continue to build networks of solidarity that cannot be easily undone.
We will continue to support those who provide, accompany, and advocate.
We will continue to work towards a world where their labour is recognised, resourced, and free.
We will continue to build systems that hold people, even when formal structures fail them.
We will continue to challenge criminalisation, stigma, and silence.
Because much of what we do is not visible.
It happens in conversations.
In communities.
In quiet acts of care.
In information passed from one person to another with intention and trust.
This is how movements endure.
Through continuity.
Through relationships.
Through a shared understanding that we are not working alone.
To those who come after us, we want you to know this:
We were here.
We were building.
We were building care that could reach people where they are.
We were building knowledge that could not be easily erased.
We were building connections that would outlast the conditions we were working within.
We were building a world that did not yet fully exist, but that we knew was possible.
And we did this together.
Across movements.
Across regions.
Across languages.
This letter is not only a reflection. It is also a commitment.
That we will continue.
That we will adapt.
That we will hold on to one another.
And that even in moments where everything asks us to narrow our focus to survival, we will continue to make space for imagination.
Because imagining the future is not separate from building it.
It is where it begins.
In solidarity,
Across movements, across regions, across time
Notre lettre au futur
Une réflexion collective des mouvements féministes à travers les régions
Au futur que nous construisons,
Il y a des moments où le monde semble se refermer. Où le travail devient plus lourd, où les mots doivent être choisis avec précaution, et où le simple fait d’être présent·e porte un poids.
Nous connaissons bien ce moment.
Et pourtant, nous sommes toujours là.
Nous sommes là parce que nous avons appris que les mouvements ne se construisent pas uniquement dans la résistance. Ils se construisent dans le soin, dans le collectif, dans les manières discrètes dont nous nous soutenons les un·e·s les autres. Ils se construisent dans le partage des savoirs, dans l’accompagnement et dans la conviction que même dans les contextes les plus contraints, un autre futur est possible.
Alors aujourd’hui, nous choisissons d’imaginer.
Nous imaginons un monde où la liberté reproductive est une réalité pour tou·te·s, et non un choix réservé à certain·e·s.
Un monde où la dignité, l’autonomie et la justice définissent les soins de santé reproductive, et où aucune vie n’est perdue ou limitée faute d’accès à un avortement sûr.
Nous imaginons un futur où l’avortement est reconnu comme un soin courant, et où il appartient à celles et ceux qui en ont besoin.
Un futur où l’accès n’est pas déterminé par la géographie, la loi ou une autorisation, mais où le choix est accompagné de soin, et où l’accès suit, sans obstacles.
Nous imaginons un monde où l’avortement n’est plus stigmatisé, médicalisé à outrance ou criminalisé.
Nous imaginons un monde où l’avortement est vu et nommé comme un acte de soin, de bienveillance, au-delà de la stigmatisation et de la peur.
Un monde où il est reconnu non comme un crime, mais comme un choix.
Nous imaginons un monde où l’avortement auto-géré est reconnu comme une méthode sûre et efficace pour interrompre une grossesse non désirée en dehors du cadre clinique.
Nous imaginons un futur où l’autonomie corporelle n’est plus débattue, mais universellement respectée.
Où les personnes sont libres de la peur, du jugement et de la réduction à leur vie reproductive.
Où nous sommes plus que nos corps, tout en étant pleinement souverain·e·s sur eux.
Nous imaginons un monde où la justice reproductive est équitable et accessible à toutes les femmes et les filles, en milieu urbain comme rural.
Où le savoir circule, où le misoprostol sauve des vies, où les jeunes et les communautés disposent des informations et du soutien nécessaires pour prendre des décisions en toute sécurité.
Nous imaginons un futur où les personnes en situation de handicap ont un contrôle total sur leur corps et leurs choix, où l’accès à l’avortement auto-géré est inclusif, sûr, et adapté à leurs réalités.
Nous imaginons un monde où le soin traverse les frontières.
Où les communautés définissent ce que signifie la justice.
Où un soutien existe pour celles et ceux qui choisissent de devenir parents comme pour celles et ceux qui choisissent l’avortement.
Et au-delà de tout cela, nous imaginons plus que la survie.
Nous imaginons la joie.
Nous imaginons l’abondance.
Nous imaginons du temps pour se reposer, créer, s’écouter.
Nous imaginons un monde où le deuil est partagé, où la célébration est collective, où nous sommes porté·e·s les un·e·s par les autres.
Au futur de la justice reproductive, nous faisons cette promesse :
Nous continuerons à protéger le soin.
Nous continuerons à partager les savoirs.
Nous continuerons à construire des réseaux de solidarité que rien ne pourra facilement défaire.
Nous continuerons à soutenir celles et ceux qui soignent, accompagnent et défendent.
Nous continuerons à œuvrer pour un monde où leur travail est reconnu, soutenu et libre.
Nous continuerons à construire des systèmes qui soutiennent les personnes, même lorsque les structures formelles échouent.
Nous continuerons à remettre en question la criminalisation, la stigmatisation et le silence.
Car une grande partie de ce que nous faisons n’est pas visible.
Cela se passe dans les conversations.
Dans les communautés.
Dans des gestes discrets de soin.
Dans des informations transmises d’une personne à une autre, avec intention et confiance.
C’est ainsi que les mouvements perdurent.
Par la continuité.
Par les relations.
Par la conviction partagée que nous n’agissons pas seul·e·s.
À celles et ceux qui viendront après nous, nous voulons dire ceci :
Nous étions là.
Nous construisions.
Nous construisions un soin capable d’atteindre les personnes là où elles se trouvent.
Nous construisions des savoirs impossibles à effacer.
Nous construisions des liens qui survivraient aux conditions dans lesquelles nous travaillions.
Nous construisions un monde qui n’existait pas encore pleinement, mais que nous savions possible.
Et nous l’avons fait ensemble.
À travers les mouvements.
À travers les régions.
À travers les langues.
Cette lettre n’est pas seulement une réflexion. Elle est aussi un engagement.
Que nous continuerons.
Que nous nous adaptons.
Que nous resterons lié·e·s les un·e·s aux autres.
Et que même dans les moments où tout nous pousse à nous concentrer uniquement sur la survie, nous continuerons à faire de la place pour l’imagination.
Car imaginer le futur n’est pas séparé du fait de le construire.
C’est là que tout commence.
En solidarité,
À travers les mouvements, à travers les régions, à travers le temps
